JOURS D’OUVERTURES
Elise Gabassi
Ma pratique commence systématiquement dehors, car j’ai besoin de m’imprégner du lieu qui m’entoure. Ensuite, je construis mes paysages comme si c’était un langage. Des fragments, des formes assemblées comme un jeu de construction où chaque élément seul ne dit rien, mais où l'ensemble fait sens. Je perçois le monde comme un agrégat de particules qui, réunies, composent une image. Cette vision a une origine intime : enfant, j'étais myope. Je devais m'approcher, puis m'éloigner, pour voir apparaître ce que les autres voyaient d'emblée. Ce va-et-vient entre le détail et le tout, entre le point et la particule, est resté au cœur de ma pratique. Les détails surgissent, puis l'ensemble se révèle.
Emmanuelle Dorot
Le Gyotaku, une forme d’art traditionnel japonais apparue au XIXe siècle, est bien plus qu’une simple technique d’impression de poissons : c’est un dialogue entre l’homme et la mer. Avec mes créations, je m’inscris dans cette tradition tout en lui apportant une dimension contemporaine, où chaque empreinte devient un hommage et un appel à la conscience. En choisissant le Gyotaku, je m’engage dans une démarche à la fois artistique et responsable. Les poissons que j’imprime ne sont pas de simples motifs : ils deviennent des ambassadeurs silencieux des océans. Leurs formes, leurs textures, leurs mouvements figés sur le papier racontent une histoire universelle – celle de la mer, source de vie, aujourd’hui en danger. Mon souhait est que les spectateurs de ces empreintes ressentent à la fois l’émerveillement devant la nature et la responsabilité de la protéger.